mardi 19 septembre 2017






que des jours horloges
les battements des tempes
réglées horloges aux temples
au crépuscule violet

et les nuages jurent jouets
semblant blasphèmes durs
des jours aux puérils caprices
qui passent révoltes latentes

s'affalant sur les azurs lisses
l'asphalte brûlant des augures
la fugue d'une antique toge
révèle pure la nuit éclatante



























dimanche 17 septembre 2017

ah pis fuck la ponctuation l'ami m'a conseillé d'écrire un texte question d'extérioriser le spleen des derniers jours pis parce que j'écris pas assez ces temps-ci mais écrire sur quoi quand des acouphènes d'inepties se montrent trop pinsistants partout autour des rumeurs dans la rue des visages indifférents indifférés dans les artères bouchées de la ville cette impression que la crise est imminente et le pontage impossible quand ce n'est pas une insouciance généralisée ou une vacuité crasse et déprimante l'absolu est porté disparu et personne à part quelques anachroniques le cherche un tant soit peu quoi écrire quand tout ces petits irritants s'immiscent malgré soi entre l'arbre et l'écorce ou entre l'Arabe et le Corse comme disait l'autre par exemple au parc cette fille prenant un selfie devant une fontaine prenant un autre selfie à côté de canards prenant un autre autre selfie à côté d'écureuils la tête savamment de biais semi-profil étudié qui saura la rendre plus belle cette self-obsession de la beauté physique si banale parfois parce que décidément dénuée de poésie inhérente parce que complètement stagée cette beauté tout sauf naturelle parce que complètement désertée par le feu comme un volcan complètement mort quoi écrire quand je me suis tellement garroché dans ma rentrée que j'ai de la difficulté à prendre le temps d'écrire trop pris que je suis dans mes lubies et mes obsessions par la littérature cette vie pleinement vécue encore lui Marcel le clairvoyant comme si j'avais sacrifié l'appréciation de ma solitude pour 140 étudiants à qui j'ignore s'ils le savent je donne absolument tout ce que j'ai une vocation qu'ils disaient pfff le mot est faible quoi écrire quand depuis trois jours déchirés ce goût de cendres froides dans la gorge comme du goudron séché sur quoi j'écrirais de toute façon sûrement pas sur toute l'énergie que je déploie à expliquer Baudelaire Rimbaud Mallarmé Proust et Joyce à des étudiants qui ne lisent pratiquement pas cette génération d'humains courbés distraits de l'ici et qui sont nulle part avec passion comme disait Luchini même si je sais qu'au final ils ne l'oublieront pas quinze semaines à forger un souvenir quand même incertain ou peut-être que je devrais écrire à propos de cette étudiante venue me voir me disant qu'elle a un projet de livre et qu'elle aurait besoin de mon aide pour l'épauler parce qu'elle veut écrire un essai sous forme de lettres adressées à ceux qui l'ont agressée lorsque qu'elle était prise dans l'engrenage débile d'une gang de rue non mais qu'est-ce que je peux écrire alors que son aveu me trouble tellement mais pourquoi câlisse qu'elle est venue me dire ça à moi quoi écrire sinon que j'accumule les fantômes ces êtres qui m'ont ghosté parce que je leur ai montré juste un tout petit peu d'absolu par-delà les aubes en lambeaux que j'ai envie de déchirer de la vitre en arpentant les rues d'une ville complètement déserte les pieds pris dans la terre à m'enivrer de la poussière des promontoires stériles dessinant des reliefs bâclés faut écrire en bloc amener la gloire tu disais l'ami n'est-ce pas si tu passes comme dans un rêve sache que je passe comme dans un cauchemar quoi écrire sinon sur des yeux en éclipses de feu ou sur mes yeux qui se perdent au rythme du déhanchement des reines ou encore sur les parfums laissés les souvenirs maquillés comblant les sillages des départs irréversibles ou encore écrire sur ce poème impossible complètement hallucinant écrit pour moi et personne d'autre par Emily Dickinson il y a plus de 150 ans c'est fou à quel point l'arc des astres semble parfois à portée d'atteinte il suffit juste d'un pincement de doigts pour lancer des flèches au coeur de l'infini sur cet été qui ne finit plus ce sale soleil que j'ai juste envie de défenestrer abruti que je suis comme Meursault complètement étranger abruti par cette chaleur accablante sur quoi écrire sûrement pas sur les cheveux que je ne trouve plus ici et là avec des yeux et des sourires pendus après vieux restants de passions tellement éphémères ces moments où l'on a envoyé la nuit et le temps se coucher des corps étrangers sur le sol et des faces plein ma tête et un vide un inévitable vide le monde cet incapable de m'apporter ce que j'attends de lui la chair est triste hélas et j'ai lu tous les livres non ce n'est pas facile d'écrire sur rien mais je continuerai quand même de faire vibrer la corde tendue aussi discordante soit-elle de l'inexprimable à l'exprimé même si ça se fera pour l'instant à coups d'inoffensifs haïkus
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un été étrange
à compter les fantômes
les espoirs incréés
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tout ce que j'ai à offrir
ce sont mes mains
pleines d'un peu de foudre
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arrive automne
viens déposer tout autour
la rouille de l'été


























samedi 9 septembre 2017









je suis las de cette nuit insistante
aux formes fatiguées d'ébène bleue
comme si elle était insuffisante
à défaire les inlassables noeuds

aux limites des canopées de pluie
poli de nuages inconnues le soir
déchante seul son chagrin de minuit
une tristesse perdue dans la moire

plus loin les éclats d'un silex flou
vaguent sur le fil de nuits invisibles
où sur un étang de sang noir le fou
danse nu sa partition illisible





















vendredi 8 septembre 2017





mon cerveau vit, meurt et renaît...

à chaque fois...



"Mon crime, c'est d'avoir, gai de vaincre ces peurs
Traîtresses, divisé la touffe échevelée
De baisers que ces dieux gardaient si bien mêlée;
Car à peine j'allais cacher un rire ardent
Sous les replis heureux d'une seule (gardant
Par un doigt simple, afin que sa candeur de plume
Se teignît à l'émoi de sa soeur qui s'allume,
La petite, naïve et ne rougissant pas :)
Que mes bras, défaits par de vagues trépas,
Cette proie, jamais ingrate, se délivre
Sans pitié du sanglot dont j'étais encore ivre."

                                                           ~ Stéphane Mallarmé